Merci Très Saint Père

Ecrit par Père Poullain sur . Publié dans Actualités

Une messe d’action de grâce sera célébrée jeudi 28 février à 19h00 à l’église St Etienne.
C’est dans cette même église que le Cal Ratzinger avait prononcé une Conférence sur la paix qui reste un des grands textes du Cardinal, à l’occasion du 60ème anniversaire du débarquement.

 





Dans la revue diocésaine l’Eglise de Bayeux-Lisieux, après l’élection du pape Benoît XVI, Mgr Pican faisait mémoire de la visite  du cardinal à Arromanche – Bayeux et Caen:


La lettre de notre évêque
27 avril 2005
Du cardinal Ratzinger à Benoit XVI
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A l’occasion du 60e anniversaire des cérémonies officielles de Débarquement en Normandie, en juin 2004, j’avais relayé auprès du Saint-Siège la demande de la paroisse Saint Francois le Sales d’accueillir le cardinal Joseph Ratzinger, comme délégué personnel du Saint-Père.
La réponse de Rome ne se fit pas attendre mais les services officiels de notre République très soucieux des exigences du protocole et de la nature de la représentation pontificale, se firent un point d’honneur de réduire la délégation officielle de l’Eglise à une manifestation à peine plus que privée.
Toutefois, le cardinal et sa suite purent bénéficier d’une place à table au déjeuner officiel des chefs d’État et d’une chaise plus qu’honorable au milieu des évéques en présence de Monseigneur le Nonce sur le site d’Arromanches.
L’essentiel n’était pas là. Tous ceux qui ont pu approcher le cardinal, notre Benoît XVI d’aujourd’hui, prendre des photos, l’interviewer et lui serrer la main, converser ou échanger ont été marqués par sa simplicité, sa présence, son attention bienveillante et sa cordialité chaleureuse, sa sympathie communicative.
Je ne retiens que cinq traits de son week-end chez nous en accrochant mes impressions à cinq lieux différents.

• À l’abbatiale Saint-Étienne, dans le cadre prestigieux de cet édifice et devant une communauté accueillante et recueillie qui ne remplissait pas le vaisseau, il a prononcé une conférence sur les conditions de la paix aujourd’hui pour le monde. Le courage de sa démarche, l’exigence de répondre aux pressions, courants et tentations bellicistes qui tentent encore aujourd’hui des nations trop nombreuses sans suffisamment faire reposer leurs choix sur le droit et les institutions internationales font désormais [partie] des meilleures pages sur la paix, pour notre monde. Aucune formule lyrique, dans le propos, aucun recours à des solutions faciles, mais des exigences de solidarités nouvelles, notamment en direction du Sud pour éviter le recours au réflexe primaire des armes meurtrières. Ses textes toujours disponibles permettent de saluer l’implication de l’Église catholique dans la recherche de la paix par la négociation et les moyens humains des institutions fortes. L’ultime recours des moyens mis en oeuvre en 1944 par les forces alliées ne peut relever que de l’exception salutaire et rarissime.
A la cathédrale de Bayeux, son homélie a porté sur les attitudes spirituelles des croyants de tous les lieus et de tous les temps pour intérioriser, promouvoirr et développer les choix qui assurent, maintiennent et developpent la paix.

• Au cimetière allemand de la Cambe, le temps de prière avec des membres de la paroisse Saint Benoît de l’Aure, l’a amené à dialoguer sur la responsabilité de son peuple dans ce drame et à reconnaitre que le débarquement avait aussi libéré la majorité des allemands réduits au silence par le nazisme. Un grand moment d’une émotion inoubliable.

• Au cimetière américain de Colleville, avec le cardinal Georges et une délégation de vétérans américains, il participa à la concélébration simple et forte en faveur de la paix.

• À Arromanches, après les festivités officielles, il se trouva bloqué sur le site et incapable de gagner la cathédrale de Bayeux pour la célébration cecuménique,il se mit alors à la disposition de jeunes. Une classe de collégiens alsaciens l’interrogeait vivement sur la couleur de son vêtement et sa signification. D’autres jeunes voulaient en savoir plus sur sa responsabilité, son travail, sa connaissance des langues. Beaucoup de ces jeunes furent littéralement réduits au silence et médusés devant ses réponses dans les quatre ou cinq langues qu’il utilisa pour répondre à leur demande. Le cardinal ne semblait pas surpris d’avoir été oublié par l’organisation officielle. Le protocole ne semblait plus l’intéresser. II faisait beau. Les jeunes étaient présents. Ils l’interrogeaient et, lui, leur répondait. Nous vivions presque une scène évangélique. Benoît XVI se révélait sous les traits du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Les médias traquaient les officiels.

Merci, Éminence; notre Diocèse vous accueille et vous invite à la toute première occasion. Vous serez toujours chez nous le bienvenue, désormais, comme pape. Vive Benoit XVI.

+ Pierre PICAN,
Evêque de Bayeux et Lisìeux
27 avril 2005

20 juillet 2005
Retour sur le cardinal Ratzinger

Au-delà des clichés officiels, des bribes de phrases glanées, d’un croisement d’yeux profonds, d’un sourire cordial et retenu, mes plus proches collaborateurs et moi-même conservons du cardinal Joseph Ratzinger des impressions personnelles marquantes et certainement inoubliables.
Parmi celles qui nous restent, je noterai bien volontiers son exquise délicatesse fraternelle, son attention à chacun, sa disponibilité accordée aux situations parfois bien cocasses que le protocole, même simplifié, ne pourrait imaginer.
Quelle leçon pour les grands de ce monde qui sont entourés, protégés par leurs suites musclées. Lorsqu’il a appris que les personnes filtrées pour entrer à la cathédrale avaient été fouillées sans ménagement au point de dissuader nombre de chrétiens dentre eux, il releva sous une forme interrogative, débordante de bonhomie: « Serais-je donc devenu un homme dangereux? ».
Les jeunes autour de lui, sur la plateforme d’Arromanche, ont certainement depuis ce 6 juin 2004, réinterrogé leur mémoire pour se dire: « Vraiment, l’évènement n’était pas sur les écrans »., mais dans cette relation simple, amicale, chaleureuse, attentive, de ce vénérable témoin de la bonté de Dieu et de son attention aux jeunes, à ces jeunes-là, ce jour-là.

J’ai tenu à le lui rappeler avec des photos significatives, et il vient de nous répondre par la plume du cardinal Secrétaire d’Etat, un an après, au moment où il est devenu Benoît XVI.

En la fête de Saint-Benoît, patron de l’Europe.

+ Pierre Pican
Evêque de Bayeux et Lisieux

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